Rat Muscade
Après notre longue et pénible première quête consistant à retrouver un magnifique cochon de compétition évadé de son enclos et qui nous avait rapporté la pathétique récompense de dix pièces dor par membre du groupe. Notre compagnie se retrouva à la taverne de la charmante bourgade de Rat Muscade. Nous venions à peine darriver et nous nous préparions à savourer quelques mets locaux avant de nous reposer et de reprendre notre route toujours en quête daventures et de salaires.
Nous étions épuisés par notre périple jusquau village et nous ne désirions que nous délasser. Nous échangeâmes tous un regard qui en disait long sur notre état desprit. La compagnie nétait hélas guère au mieux de sa forme et nullement au complet. Nos amis manquants étaient notre Druide qui avait dû se rendre à un concile de ses paires et notre cher Elfe Ensorceleur qui avait été rappelé auprès de son créateur alors quil sentraînait avec un de ses nouveaux sortilèges. Nous savions que son petit cousin au troisième degré de par sa tante devait se joindre à notre pérégrination dans les jours à venir.
Rassemblés à notre table : une guerrière demi elfe farouche et très séduisante répondant au doux prénom de Feydrihina ; une intellectuelle elfe pratiquante des Arcanes, nommée Sourcya ; une habile voleuse halfeline aux yeux brillants de malice dénommée Zyra ; un héroïque paladin du peuple des Hommes, serviteur du dieu Héronéus, appelé Arthur Elric ; et votre dévouée servante. Je me prénomme Neehriya. Je suis une ranger gnoll et je suis également la chroniqueuse de notre parti.
Devant notre assemblée sétendait un merveilleux festin que nous avions durement payé. Nos ventres criaient famine et nos bouches salivaient abondamment à la senteur de ces délicats fumets. Nous nous apprêtions à disposer de nos mets lorsque dans un fracas effroyable notre table fut renversée, répandant par la même occasion notre délicieux buffet sur le sol immonde du tripot. Autour de notre parti se rassembla un groupe dhumains affreusement laids, puants et plus que pris de boisson vu leur démarche incertaine. Daprès leurs borborygmes incohérents et incompréhensibles, ils semblaient nous reprocher, pour une raison connue deux seuls, notre présence au sein létablissement.
Tandis que mes compagnons essayaient de rétablir la situation imprévue de la façon la plus pacifique, je tombai à genoux, pleurant de tout mon être et de toute mon âme sur les restes de ce banquet intégralement gâché.
Arthur, notre vaillant paladin toujours prompt à résoudre les conflits de la façon la plus diplomatique, savança vers les habitués des lieux et tenta de calmer la discorde. Pour toute réponse, un des lascars sapprocha de notre ami, le saisit par le col de sa tunique et le souleva laissant ses pieds pendre dans le vide. Au même instant, un de ses complices sen prit à notre Magicienne qui se retrouva dans la même situation que lhumain de notre compagnie.
Sinterposant entre notre habile voleuse halfeline et le reste de la meute qui resserrait son étau, Feydrihina posa ostentatoirement sa main sur la poignée de son épée.
- Relâchez notre ami ! ordonna-t-elle bravement.
Je marrêtai aussitôt de sangloter stupéfaite par la déclaration de notre guerrière. Quelque chose dans sa phrase mavait dérangée. Je relevai la tête et me mis debout sur mes pattes. Je tournais lentement mon museau vers la guerrière et je demandai avec stupéfaction :
- De qui tu parles ?
Feydrihina se statufia et me dévisagea avec incompréhension et me répondit en désignant de lun de ses doigts délicats notre équipière elfe.
- Bah, de Sourcya.
- Tu sais, ils ont aussi chopé le Paladin.
- Merde ! Je lavais oublié, fit Feydrihina le visage déconfit.
- Cest ce qui me semblait, conclus-je en remuant la tête.
Retentit alors un cri mêlant désespoir et lassitude en provenance de notre collègue masculin. Zyra se mit à pouffer de rire et Sourcya sembla aussi embarrassée que la guerrière.
Ma question avait, semblait il, aussi stupéfait les buveurs qui sétaient pétrifiés, le regard ahuri.
Je profitais de leur état dabrutis pour rejoindre Arthur et son agresseur. Lhumain essayait désespérément de se défaire de lemprise de son adversaire, mais ses frêles et délicates mains ne pesaient pas lourds face à la montagne de graisse qui le suspendait. Je me glissai dans le dos de mon ennemi et sans avertissement enfonçait la lame de mon kukri dans son corps. Larme senfonça aussi facilement dans la chair que dans du beurre mou. Limbibé dalcool relâcha sa prise laissant tomber Arthur sur le sol crasseux, poussa un gargouillis des plus agréables et sécroula avec fracas. Satisfaite de mon action héroïque je me retournai vers le reste de la populace dont la majorité possédaient à présent des armes rudimentaires. Chaises, godets, bouteilles, cruches et autres ustensiles formant leur arsenal.
- Cétait peut être pas une bonne idée de le tuer, glissa Feydrihina.
Nous nous regroupâmes au centre de lauberge et dégainâmes tour à tour nos armes. Je fis sauter mon kukri dans ma patte gauche et de ma droite sortis mon cimeterre. Je brandis mes deux lames à bout de bras tout en poussant un rugissement de défi. Zyra sortit son gourdin et le fit tournoyer. Le Paladin murmura une phrase incompréhensible tout en saisissant son épée. Feydrihina ordonna à Sourcya de se mettre à labri au centre de notre peloton avant de dégainer avec allure et grâce sa lame. La Semi Elfe fit plusieurs moulinets élégants avant de désigner du fil de lépée un cul-terreux.
- Faut quon se tire ! glapit Arthur.
- Entièrement daccord, lui répondîmes-nous en chur.
- Zyra, Arthur, ordonna la guerrière. Vous passez devant. Ensuite Sourcya et moi. Neehriya ferme notre progression.
Je me tournai vers elle, interloquée par sa stratégie. En tant que représentante du peuple Gnoll, il aurait mieux valu que je passe en premier et ainsi que je fasse le vide devant nous. Je naurais eu aucun mal à expédier ces misérables charognes alcoolisées dans leur autre monde.
- Tes sûre que tu ne désires pas que je fasse le ménage devant ?
- Non, me répondit-elle en secouant la tête, je préfère que tu assures nos arrières.
- Compris, opinai-je.
Nous progressâmes péniblement à travers le bouge évitant les attaques de nos vicieux ennemis et distribuant notre lot de représailles légitimes. Zyra grâce à sa taille modeste et son agilité se glissait entre les jambes de nos adversaires et fracassait les tibias de ceux qui nous barraient le chemin vers notre salut. Arthur désigna par le fer un paysan et abattit sa lame sur le cultivateur. Ce dernier possédant une constitution solide ne fut que blessé et en guise de juste rétribution fracassa un tabouret sur le crâne du Paladin qui poussa un nouveau cri de désespoir concernant sa malchance. Sourcya faisait tournoyer son bâton empêchant les buveurs de sapprocher delle. Feydrihina semblait samuser comme une folle, pourfendant avec aisance tous ceux qui avait le malheur de venir à sa rencontre. Galvanisée par sa dernière victime, la guerrière fit tournoyer son épée afin deffectuer une complexe attaque circulaire à lencontre dun abominable fermier armé dune lourde pelle. Le mouvement de la Demi Elfe fut hélas bien trop ample et imprécis et manqua sa cible principale qui riposta avec énergie dans le vide. La lame de la belle guerrière termina sa course dans un musculeux bras recouvert dune épaisse fourrure marron moucheté qui était en loccurrence le mien, et entailla légèrement la chair.
- Fais gaffe ! grognai-je en serrant les mâchoires.
- Désolée, sexcusa la jeune femme peinée.
Je repérai une grande bougie en graisse de porc posée sur une table non loin de moi. Je transperçai ladversaire qui me tenait occupée et lançai un regard mauvais à lencontre des malandrins restants.
- Je vais les cramer, dis-je à lintention de mes camarades avant denvoyer un coup du plat de ma lame sur la bougie. Cette dernière fut propulsée en direction des ivrognes qui lévitèrent à grande peine, et sécrasa contre une hideuse tapisserie qui se voulait représenter une antique scène de chasse. La broderie senflamma en un instant et les flammes se répandirent rapidement aux alentours embrasant avec efficacité la taverne.
Sous la lueur ambrée du brasier tous mes compagnons me dévisagèrent avec un regard incrédule et parfois chargé de reproches.
- Bah quoi ? fis-je en haussant mes lourdes épaules.
Tour à tour mes camarades secouèrent tristement la tête avant de se concentrer de nouveau sur lépique bataille.
Zyra finit de nettoyer les alentours de la porte de sortie en matraquant à tour de bras le dernier humain qui nous interdisait le chemin vers notre liberté. Lhabile Halfeline singénia à ouvrir la lourde et robuste porte en bois puis sengouffra dans lembrasure. Nous fîmes un rempart de nos vaillants corps afin de faciliter la fuite des nôtres. Arthur et Sourcya furent les suivants, puis ce fut au tour de la belle Feydrihina. Je sortis en dernier après avoir repoussé une ultime vague de nos assaillants.
Une fois à lextérieur, je mempressai de fermer la porte derrière moi et la bloquai à laide de planches trouvées à lextérieur, enfermant ainsi les alcooliques à lintérieur de la gargote doù séchappait à présent une délicieuse odeur de porc grillé.
- Nous sommes sauvés ! exulta le Paladin.
Un bruit saccadé de bottes résonnant sur le pavé parvint à nos oreilles. Je me retournai à temps et vit larrivée dun groupe dhumains en armes et armure. Ces derniers semblaient appartenir à la milice de ce patelin pourri et arboraient avec une arrogante niaiserie un répugnant blason. Les gardes nous encerclèrent et nous menacèrent de leurs armes.
Tour à tour nous déposâmes nos armes et levèrent nos mains en lair.
- En fait non, glissai-je.














Comments
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N'écoutez pas les autres, écoutez vous
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Qui pisse contre le vent se rince les dents.
merci pour le com
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Les Méchants sont punis par la loi des Hommes, et les Gentils... par la loi de Murphy.
J'ai essayer de rechercher un vocabulaire riche pour m'approcher d'un style de chronique ancienne ^^.
La suite arrive prochainement normalement.
Merci pour le com et le fav
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Les Méchants sont punis par la loi des Hommes, et les Gentils... par la loi de Murphy.
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Qui pisse contre le vent se rince les dents.
de rien ^^
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N'écoutez pas les autres, écoutez vous
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Les Méchants sont punis par la loi des Hommes, et les Gentils... par la loi de Murphy.
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Qui pisse contre le vent se rince les dents.
C'st trop bien, j'adooore!!!
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je suis la reine des antennes, Sarah Plume d'Or!!
Prosternez vous devant moi et adulez moi!!!
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